Myriam Muller, dont le public a pu admirer les mises en scène d’Ivanov ou de Breaking the Waves au cours de la saison dernière, part cette saison à la rencontre de la fable sociale cruelle et magique Liliom, de l’écrivain hongrois Ferenc Molnár (1878-1952).

C’est une histoire ordinaire: celle d’un bonimenteur qui travaille dans un manège d’une fête foraine. Un jour, il rencontre Julie, et avec elle, l’amour et l’espoir d’une vie nouvelle. Mais, après avoir perdu son travail et ses repères, Liliom plonge. Suivent magouilles et coups foireux. Au milieu de ce marasme de désespoir social, un enfant s’annonce. Liliom se remet à rêver. Il projette de partir en Amérique avec sa famille. Ce dernier sursaut et le larcin (pour rassembler l’argent du voyage) qui en découle l’amèneront à sa mort.
Mais Liliom comporte encore une autre couche: celle du patriarcat et de ses dommages collatéraux. Car si la force de l’auteur est de nous parler sans misérabilisme des hommes et femmes abandonné.e.s sur le bas-côté du progrès, la pièce développe aussi cet autre sujet épineux et tristement actuel aujourd’hui: la violence domestique. Liliom montre une véritable descente aux enfers de son protagoniste, incapable de reconnaître sa propre faute, et pose ainsi la question de l’impossibilité des hommes et des femmes de briser la spirale de la violence.