[FR] On n’aura pas oublié Le Crocodile trompeur – Didon et Enée de Samuel Achache et Jeanne Candel. L’Orfeo de Monteverdi est aujourd’hui l’objet de leurs sollicitudes particulières. Cette œuvre est devenue la matière brute de leur «artisanat furieux».
Dans le processus de réécriture et de réinterprétation du premier opéra de l’histoire, les musiciens et les acteurs-chanteurs sont tous considérés comme des co-auteurs aussi bien au niveau de l’histoire racontée que dans l’écriture de la musique. Pour cela, ils continuent à tirer les fils tissés entre la musique ancienne et le jazz, entre des parties très écrites et des parties musicales improvisées.
Ce va-et-vient par rapport à l’œuvre d’origine leur permet de couper, de «grossir» certains passages, d’ouvrir des digressions, ou alors de réaliser la partition simplement, avec leurs propres outils (violon et violoncelle certes, mais aussi trompette, saxophone ou piano bidouille).
Les rapports entre les chanteurs et l’orchestre disséminé et mobile sur scène sont aussi l’objet de leurs recherches, tant sur le plan acoustique que théâtral.
On ajoutera le plaisir potache des ruptures de niveau de langue, le «déclassement» de figures divines, l’inattendu des situations ou des anachronismes bienvenus.
Mais tout cela est infiniment respectueux de ce qui a fait la pérennité d’une œuvre chef-d’œuvre.
» Au-delà de l’opéra et de ce qu’il représente, la réussite de cet Orfeo tient dans la solidité de la fratrie, dans la cohérence du patchwork mythologique dont toutes les pièces sont incarnées, jouées et chantées par une troupe d’une connivence inouïe, qui peaufine son intimité a force de spectacles, et dont la force est peut-être d’être aussi tissée de fibres musicales. Libération, Guillaume Tion
» Les intermèdes théâtraux, à la fois burlesques, absurdes et philosophiques, sont souvent irrésistibles. Les gags délirants, très physiques, inventés sur le plateau par le collectif, font mouche. Achache et Candel savent aussi produire de belles images fortes: l’Arcadie symbolisée par des ruches et des apiculteurs; la serre, en fond de scène, bariolée puis nettoyée pour abriter les Enfers; Eurydice suspendue aux bras d'Orphée, perché sur le toit, sa robe de mariée touchant terre; l’entrée des musiciens telle la fanfare de Kusturica... Le rire tutoie la poésie et la mélancolie, rendant plus que jamais intemporels le combat d’Orfeo pour arracher l’être aimé a la mort et les notes célestes de Monteverdi. Les Échos, Philippe Chevilley
[DIS]
Mise en scène Samuel Achache & Jeanne Candel
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Samedi 21 OCTOBRE 2017 à 20h00 (tickets)
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[TICKETS]2017-10-21 20:00:00 23588+2017-10-22 17:00:00 23589