[FR] Le metteur en scène et comédien québécois Robert Lepage est un magicien dans son art de conjuguer tous les éléments d’une représentation: texte, jeu, lumières, sons, vidéo, effets spéciaux. La démesure maîtrisée est sa mesure. Certains se rappelleront leur émerveillement enfantin retrouvé devant les surprises de son Jeux de cartes propose au Grand Théâtre il y a quelques saisons.
Mais il peut être aussi un homme de retour à soi-même, d’intimité.
887 plonge au cœur de sa mémoire et s’interroge sur la persistance de certains souvenirs d’enfance. Pourquoi se souvient-on du numéro de téléphone de notre jeunesse alors qu’on oublie l’actuel? Comment une ritournelle d’enfance demeure-t-elle dans notre esprit alors que le nom d’un être cher nous échappe?
Logiquement, la pièce s’intéresse aussi à l’oubli, a l’inconscient, à la mémoire qui flanche.
Dans ce contexte, qu’en est-il de la pertinence d’une représentation théâtrale, cette pratique fondée sur l’exercice de la mémoire?
Toutes ces questions se distillent dans un récit ou Lepage expose au spectateur les affres d’un comédien qui – par définition ou pour survivre – doit se souvenir, d’abord du texte qu’il a à dire devant nous, mais également de son passé, et de la réalité historique et sociale ou il s’inscrit.
Ce retour à soi prend place dans un environnement scénique absolument typique de son auteur.
» Après avoir abattu ses Cartes (Pique et Cœur) en deux spectacles dressant un état géopolitique du monde, Robert Lepage revient seul en scène pour une plongée dans les années 1960 qui virent le Québec lutter pour une reconnaissance égalitaire dans le Canada anglophone. [...] Un Québec vu à hauteur d’enfant dans les années 1960. [...] Avec 887, nom du spectacle évoquant l’adresse de la maison familiale, Robert Lepage apporte sa musique a la chanson de geste québécoise entonnée de longue date par Gilles Vigneau et tant d’autres. C’est drôle et profond, mélancolique et révolté. L’Express, Laurence Liban
» Passé, présent, futur: le privé et le public, la petite et la grande histoire se tricotent avec émotion dans ce passé-présent sans fin réinventé. À l’acteur, athlète de la mémoire, reviendrait normalement de décrypter mieux qu’un autre le temps. Avec la distance, l’ironie, le savoir nécessaires. Mais Lepage, malgré ses allures de showman, de conférencier à l’aise, y ajoute constamment la tendresse et on ne sait quels regrets. À la fin du spectacle, [...] il a pris la place de ce père qu’il connaissait mal, qu’il attendait sans fin. Grâce au théâtre, ces deux-là sont enfin liés. Pour une éphémère éternité. Et c’est bouleversant. Télérama, Fabienne Pascaud
[DIS]
Texte, conception, mise en scène & interprétation Robert Lepage
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Vendredi 6 OCTOBRE 2017 à 20h00 (tickets)
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[TICKETS]2017-10-06 20:00:00 23578+2017-10-07 20:00:00 23579