#62 FEMME BLANCHE
THÉÂTRE DES CAPUCINS | SALLE

#62 FEMME BLANCHE

VANESSA VAN DURME

[FR] Vanessa van Durme : nombreux sans doute sont les spectateurs qui se souviennent de son bouleversant et magnifique Regarde maman, je danse, programmé au Grand Théâtre l'autre saison. Elle y disait, elle y dansait son changement de sexe. Un désir, une volonté, un espoir, par la danse et par les mots, d'ébranler et d'abattre les préjugés, de faire apparaître et reconnaître une identité humaine fondamentale au-delà des différences.

Ce qui l'a motivée cette fois, c'est la persistance et la progression du racisme et de l'intolérance, manifestes notamment dans le rejet de « banlieues à passer au Kärcher ». Mais sa dénonciation, subtilement, prend un détour. L'art d'ailleurs n'est-il pas toujours un détour qui mène à l'essentiel ?

Nous sommes au Maroc, en 1925. Le pays est encore un protectorat de la France. Claire, une belgo-française, vient d'enterrer son mari. Elle « manque d'air, elle ne peut plus respirer » dans ce pays lointain où elle n'était venue que pour y suivre son mari, où elle a si mal vécu un huis clos conjugal, à l'écart du réel. Elle rêve d'un retour chez elle, en Flandre.

À ses côtés, ce soir-là, Slimane, un jeune serviteur marocain, dont elle découvre sans doute vraiment la présence pour la première fois. Un dialogue s'engage entre eux, bien vite acerbe, qui va mettre à nu la plaie béante des différences, des malentendus, des incompréhensions, des préjugés qui les séparent et les opposent. Une blessure que les années n'ont pas guérie, et qui continue à s'enflammer, à suppurer.

Cette femme blanche, là-bas, dans son malaise, son mal-être, son malheur, sa solitude, l'exclusion de l'exil est en quelque sorte l'image inversée de tous ceux-là que nous avons fait venir d'ailleurs pour bâtir notre prospérité et qui, aujourd'hui, la crise étant venue, désœuvrés, abandonnés, se retrouvent confinés dans les ghettos des banlieues. Eux aussi « manquent d'air, ne peuvent plus respirer » !

Walid Ben Chikha, Slimane, à la fois chanteur et acteur, et Sun-Mee Vanpanteghem, une soprano, seront les partenaires de Vanessa Van Durme dans une mise en scène de Jan Steen, qui a veillé, dans la scénographie, dans la mise en place des personnages, à faire résonner également ce que les mots, les pauvres mots, aussi violents ou émouvants soient-ils, sous-entendent.

MISE EN SCÈNE Jan Steen

TEXTE Vanessa Van Durme
TRADUCTION Monique Nagielkopf
DÉCOR Sabina Kumeling
LUMIÈRES Timme Afschrift
COSTUMES Sabina Kumeling

AVEC Walid Ben Chikha, Vanessa Van Durme, Sun-Mee Vanpanteghem (soprano)

PRODUCTION Swan Lake - Vanessa, Griet Debacker
COPRODUCTION Le Rive Gauche Saint-Etienne-du-Rouvray, La Rose des vents - scène nationale Lille Métropole - Villeneuve d'Ascq, Le Grand Théâtre de Luxembourg
AVEC LE SOUTIEN DE NTGent, de la ville de Gand, La Province de la Flandre-Orientale

Mardi 29 MARS 2011 à 20h00 (tickets)
Kulturpass, bienvenue!

Adultes 20 € / Jeunes 8 €





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