#51 LE RÉCIT DE LA SERVANTE ZERLINE
THÉÂTRE DES CAPUCINS | SALLE

#51 LE RÉCIT DE LA SERVANTE ZERLINE

HERMANN BROCH

TRADUCTION ET ADAPTATION MARION BERNÈDE ET YVES BEAUNESNE

[FR] Dans cette petite ville de l'Allemagne pré-hitlérienne, depuis trente ans, Zerline est la servante de la baronne W. Tant de choses les unissent, les opposent plutôt. Elles ont eu le même amant. Mais c'est à la baronne que celui-ci a fait une fille, la bâtarde Hildegarde. Zerline n'est plus que haine cuite et recuite. Et ce jour-là, dans le silence de l'après-midi, elle se confie à monsieur A., un locataire anonyme de la baronne. Elle dit sa vie, toute sa vie, cette succession de morceaux épars, d'avancées maladroites, de bouffées de langage. Elle, la vieille servante Zerline, en fait le récit.

Ce monologue de Zerline est tiré des Irresponsables, un roman d'Hermann Broch (1886-1951), un écrivain autrichien qui, dans Les Somnambules et Les Irresponsables, a focalisé sa réflexion sur l'évolution de l'Allemagne et de l'Autriche face à la montée de l'hitlérisme. Intellectuel juif engagé, il est emprisonné en 1938 lors de l'annexion de l'Autriche par le Reich. Grâce à l'intervention d'amis, parmi lesquels James Joyce, il s'exile aux États-Unis. Devenu citoyen américain, il enseigne à Yale et à Princeton. Son œuvre est marquée par l'esprit des Lumières, par la volonté d'éduquer, de « convertir » les individus à la démocratie.

Pour lui, et c'est en cela sans doute que le récit de la servante Zerline prend une valeur exemplaire, les désordres de notre cœur, l'égoïsme, le ressentiment engendrent une indifférence éthique qui est forcément politique. Et le nazisme a justement puisé sa force dans cette indifférence, dans cette perte d'humanité.

Yves Beaunesne mettra en scène ce récit dont il a réalisé une nouvelle traduction avec Marion Bernède. Une habitude chez lui, qui lui permet de s'approcher au plus près des mots, de les faire entendre dans leur vérité linguistique d'aujourd'hui. On n'a pas oublié ses mises en scène pertinentes, à la fois fidèles aux textes et enrichies de tous leurs échos scéniques, du Canard sauvage d'Ibsen et du Lorenzaccio de Musset.

Marilu Marini, remarquée depuis plus de trente ans, dès son arrivée en France avec le Groupe argentin TSE d'Alfredo Arias, et régulièrement récompensée pour ses interprétations, sera Zerline. À ses côtés, auditeur muet de son récit, Brice Cousin.

MISE EN SCÈNE Yves Beaunesne

COLLABORATION ARTISTIQUE Marion Bernède
SCÉNOGRAPHIE Damien Caille-Perret
COSTUMES Patrice Cauchetier
LUMIÈRES Joël Hourbeigt
SON Jean-Damien Ratel

AVEC Marilù Marin, Brice Cousin

COPRODUCTION Cie de la Chose Incertaine - Yves Beaunesne en résidence à L'Apostrophe - Scène Nationale de Cergy-Pontoise et duVal d'Oise, Grand Théâtre de Luxembourg, La Coursive de la Rochelle, La Maison de la Culture de Bourges, Le Parvis de Tarbes
AVEC LE SOUTIEN DE DRAC Ile-de-France, Départements du Val-de-Marne et du Val-d'Oise

Jeudi 17 FÉVRIER 2011 à 20h00 (tickets)
Vendredi 18 FÉVRIER 2011 à 20h00 (tickets)
Kulturpass, bienvenue!

Adultes 20 € / Jeunes 8 €






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