Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

#46 LE RETOUR

Harold Pinter

[FR] À relire Pinter aujourd'hui, un demi-siècle après la création du Retour et moins d'une décennie après son prix Nobel, sa véritable stature et son originalité prennent un relief nouveau. Pinter s'impose. Pas besoin de présentation. Son théâtre dicte ses règles, si particulières, dès les premières secondes. Question d'atmosphère. Il suffit d'entrer chez Pinter pour sentir que l'on est passé dans un autre monde, de l'autre côté d'un miroir pas si déformant que cela. Une représentation de ce théâtre-là est comme une exploration dans un univers parallèle au nôtre. Désir et violence, rivalités et séduction, luttes de préséance et de pouvoir, guerre des sexes et des générations.

Comme tant d'autres oeuvres de Pinter, Le Retour s'ouvre sur le silence d'un homme assis lisant le journal. L'espace n'est guère plus original: un séjour avec chaises, fauteuils, canapé. Seul détail qui sorte un peu de l'ordinaire, un mur a été abattu qui séparait ce salon du couloir de l'entrée, découvrant l'escalier qui mène à l'étage et la porte donnant sur l'extérieur. Homme et espace sans qualités ou presque, temps comme vide d'un jour que rien ne distingue, telles sont les données initiales.

Le Retour est aussi un retournement: tous les jeux sociaux, familiaux, professionnels, matrimoniaux tels qu'ils se jouent couramment, sont subvertis sous nos yeux, tantôt par degrés minuscules, tantôt par brèves et brusques saccades.

À une telle partition, il faut des interprètes qui sachent tenir et relancer sans répit, entre les mots, les mille nuances d'un registre qui s'étend de la vague allusion à la menace la plus précise, du sous-entendu presque anodin à l'attaque frontale. Luc Bondy aime ces oeuvres mystérieuses, tout en frôlements et en éclats concentrés, qui suggèrent plus qu'elles n'affirment. Pour aborder la subtile musique de chambre pintérienne, il en a commandé une version nouvelle à un traducteur, Philippe Djian. Et il a réuni une distribution hors pair, avec en particulier Emmanuelle Seigner et Bruno Ganz, qui tient ici un rôle en français pour la première fois.

» Emmanuelle Seigner, beauté lumineuse, indéchiffrable est parfaite. Il y a en elle la sensualité comme la mélancolie furtive, le malheur intime. Louis Garrel est sec et brutal comme l'est Joey, qui va le premier, sans hésitation, comprendre jusqu'où il peut aller… Pascal Greggory compose un Sam déchirant. Jérôme Kircher dit la vulnérabilité de Teddy comme sa cruauté profonde. Micha Lescot prête à Lenny la violence palpitante et laisse par éclairs sourdre le désespoir de l'orphelin. Bruno Ganz, acteur de légende, traduit la complexité de Max, celui qui parlait aux chevaux, l'homme d'instinct qui a choisi le réalisme brut et brutal mais conserve on ne sait quel rêve d'élégance… Jamais l'ombre de Jessie n'a autant plané sur Le Retour. C'est toute la force de Luc Bondy. Sa mise en scène s'irise des feux mal éteints de ces âmes en souffrance. Le Figaro

Avec
Bruno Ganz
Louis Garrel
Pascal Greggory
Jérôme Kircher
Micha Lescot
Emmanuelle Seigner

Mise en scène Luc Bondy
Décor Johannes Schuetz
Costumes Eva Dessecker
Lumières Dominique Bruguière
Perruque/Coiffure Cécile Kretschmar (à conf¡rmer)
Collaborateur artistique Geoffrey Layton
Assistante à la mise en scène Annette Hirsch
Assistant à la mise en scène Peter Cant
Assistant décor Mitsuru Sugiura
Assistant lumière François Thouret
Assistante aux costumes Tifeen Morvan

Création le 18 octobre 2012 à l'Odéon (Paris)

Production Odéon-Théâtre de l'Europe, Wiener Festwochen, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Schauspielhaus Zürich, MC2 Grenoble, Théâtre National de Bretagne - Rennes

 Lundi 14 JANVIER 2013 à 20h00 (tickets)
Mardi 15 JANVIER 2013 à 20h00 (tickets)

DURÉE environ 2h05 & entracte

Adultes 25 €, 20 €, 15 € / Jeunes 8 €

Lieu: Grand Théâtre / Grande Salle

 [TICKETS]2013-01-14 20:00:00 13402+2013-01-15 20:00:00 13403