
[FR] Luigi Pirandello (1867-1936) est connu et a été consacré - le Prix Nobel de Littérature en 1934 - pour ses textes qui mettent en scène les éternelles et insolubles questions de l'identité, de la vérité, des limites entre folie et raison. Leurs titres sont révélateurs: Chacun sa vérité, Comme tu me veux, Le Jeu des rôles, Chacun à sa façon, Ce soir on improvise. Des textes vertigineux dans leur exploration systématique de ces interpellations-là.
Il s'est aussi attaché, de la même façon, aux réalités plus spécifiques du théâtre, ainsi ses Six personnages en quête d'auteur. Ou encore Se trouver.
Une grande actrice, Donata Genzi, «La Genzi», est venue se réfugier sur la Riviera chez une de ses amies. Elle va mal, elle s'interroge sur son identité. N'existe-t-elle donc que dans ses rôles? Jouet-elle sans cesse sa vie? S'appartient-elle encore? Elle aimerait tant se (re)trouver!
Elle rencontre alors Ely, un jeune homme étrange et si différent d'elle et du monde qu'elle fréquente. Il est tout à sa passion de la mer. Une rencontre bouleversante. Il va lui demander de l'épouser, d'abandonner le théâtre, d'«être» avec lui, à lui, par lui. Elle reviendra au théâtre, sans lui. Elle-même enfin.
Stanislas Nordey met en scène cette pièce qui interroge «les rapports tourmentés voire antagonistes entre l'Art et la Vie pour un artiste», un dilemme même que Donata Genzi voudrait surmonter.
Ainsi qu'il l'avait fait avec Les Justes de Camus, Stanislas Nordey veille à ce que tout, dans son travail - jeu frontal des comédiens, diction accentuée, effets scénographiques inattendus -, soit au service d'un texte qui ne cesse d'envisager et d'envisager encore tous les aspects de cette si douloureuse confrontation.
Une confrontation qui s'accomplit en une extrême intensité grâce à son interprète, une comédienne célébrée elle aussi. Emmanuelle Béart porte la pièce.
» Il n'y a pas une manière de parler de ce spectacle saisissant. Il y a mille et une manières et aucune ne sera, sinon convaincante, en tout cas satisfaisante. […] Emmanuelle Béart est une enfant de troupe. Elle tient la pièce mais elle ne vole jamais la vedette à ses partenaires. Elle est vraie. […] Il y a du «suspens», il y a de la passion […]. Il y a cette dramaturgie pirandellienne qui est celle d'un roman noir. Une épaisseur romanesque et une angoisse qui monte, étreint chacun. Il y a cette folie de Donata qui ne veut plus voir son visage dans un miroir comme si seul le regard du public pouvait lui donner une consistance... Le Figaro
» Emmanuelle Béart excelle dans Se trouver, un Pirandello rare fort efficacement mis en scène par Stanislas Nordey. Les Inrockuptibles
» Sublime dans son incarnation de Donata Genzi, celle que le cinéma a consacrée s'avère aussi une magnifique comédienne quand il s'agit de monter sur les planches. Autant dire que l'effet de réalisme fonctionne à plein et que le rôle lui va comme un gant. Emmanuelle Béart nous offre un grand moment de théâtre. Et si l'on se moque un peu des enjeux de la pièce, c'est pour mieux savourer les formidables apparitions d'une star plus talentueuse et belle que jamais. evene.fr
Avec
|
Jeudi 25 OCTOBRE 2012 à 20h00 (tickets)
|
[TICKETS]2012-10-25 20:00:00 13379+2012-10-26 20:00:00 13382