Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

#62 LUCRÈCE BORGIA

VICTOR HUGO
En français

Le metteur en scène et son équipe donnent rendez-vous à leur public pour une rencontre après chaque représentation.

[FR] Une femme. Pas n'importe quelle femme: Lucrèce Borgia. Belle, cruelle, monstre sanguinaire qui n'hésite pas à faire assassiner ceux qui la défient, créature débauchée, incestueuse, Phèdre ou Médée.

Mais quand Hugo ouvre son drame, c'est d'une autre femme qu'il semble s'agir: il nous dévoile une amoureuse. Une amoureuse d'un jeune soldat nommé Gennaro. Et ce jeune soldat est endormi là, devant elle. Elle est penchée sur lui comme une mère sur un berceau. Et c'est à la chute brutale du drame, à la fin du troisième acte, que nous apprenons, en même temps que Gennaro qui lui enfonce son poignard dans la poitrine, qu'elle est sa mère.

«Mère», le mot essentiel au drame, n'est ainsi prononcé qu'une seule fois, dernier mot noyé dans le sang de la mort. Mot libérateur, mais mot innommable.

Trois actes rapides, clairs, haletants, pendant lesquels Lucrèce lutte avec férocité contre le secret qui la dévore et dont elle ne peut se libérer, incapable qu'elle est de révéler à Gennaro qu'il est enfant des Borgia et qu'il porte à jamais leur nom infamant. Plus Lucrèce se tait et souffre, et plus elle devient humaine. Sublime tout autant: en s'acharnant à sauver ce fils adoré auquel elle ne peut rien avouer et que, par méprise, elle a condamné à mort, elle se magnifie.

Ce drame est à part dans l'œuvre théâtrale de Victor Hugo. Peut-être est-ce pour cela qu'on le voit si peu sur nos scènes. Pas d'alexandrins mais de la prose, pas d'intrigues croisées, pas de monologues, pas de «morceaux de bravoure», pas d'introspections psychologiques. L'œuvre est sombre, étouffante. Les lieux sont clos. Les personnages tendus à l'extrême. Encadrée par la fête, le carnaval du début et le festin de la fin, la pièce mêle, comme seul Hugo sut le faire en son temps, le grotesque et le noble, le rire et la mort.

» Jean-Louis Benoit retient l’essentiel de la trame, tout en mettant en lumière l’approche du jeune aventurier Gennaro et de Lucrèce, leur drame passionnel et le dénouement tragique. […] Distribution admirable de comédiens s’acquittant tous avec brio et dynamisme de leurs tâches, alternant rapidement entre plaisanteries, sournoiseries, menaces et violences. Tageblatt

» Les jeunes nobles ont la naïveté et l’enthousiasme qui conviennent. Fabien d’Orcier s’impose puissamment en Don Alfonso jaloux et empêtrant Lucrèce dans ses propres filets, Thierry Bosc a toutes les roueries de l’âme damnée ; Martin Loizillon a l’innocence de l’oisillon qui découvre la réalité telle qu’elle est. Quant à Nathalie Richard, elle traduit bien, dans sa fragilité d’apparence, l’ambivalence épouvantable et si douloureuse de Lucrèce : la mère et le monstre. Luxemburger Wort

» Nous vivons dans une époque où les gens accomplissent tant d'actions horribles qu'on ne parle plus que de celles-là, mais certes il n'y eut jamais événement plus sinistre et plus mystérieux. Lucrèce Borgia, Victor Hugo

» Le théâtre a de nos jours une importance qui tend à s'accroître sans cesse avec la civilisation même. Le théâtre est une tribune, le théâtre est une chaire. Le drame a une mission nationale, une mission sociale, une mission humaine. Victor Hugo

[DIS]

Avec
Lucrèce Borgia
Nathalie Richard
Don Alphonse d'Este Fabien Orcier
Gennaro Martin Loizillon
Gubetta Thierry Bosc
Maffio Orsini Anthony Audoux
Jeppo Liveretto Maxime Taffanel
Don Apostolo Gazella Jonathan Moussalli
Ascanio Petrucci Laurent Delvert
Oloferno Vitellozzo / Rustighello Alexandre Jazédé
La princesse Négroni Ninon Brétécher
Les courtisanes Sissy Mondloch, Nathalie Neuser, Djamila Polo, Annemie Revenig, Chiara Sünnen

Mise en scène Jean-Louis Benoit
Assisté de Laurent Delvert
Scénographie Jean Haas
Éclairages David Debrinay
Costumes Marie Sartoux
Réalisation sonore Madame Miniature

Coproduction La compagnie de Jean-Louis Benoit, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Célestins - Théâtre de Lyon, Le Théâtre de la Commune - CDN d'Aubervilliers
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Et le soutien artistique de la Maison Louis Jouvet / ENSAD
Administration/Diffusion La Gestion des Spectacles & Prima donna

Création en mars 2014 à Aubervilliers

La compagnie de Jean-Louis Benoit est subventionnée par le Ministère de la Culture et de la communication.

 

Mercredi 26 MARS 2014 à 20h00 (tickets)
Jeudi 27 MARS 2014 à 20h00 (tickets)

DURÉE 2h10 & entracte

Adultes 20€ / Jeunes 8€

Lieu: Grand Théâtre / Studio


Avec le soutien de La Maison Louis Jouvet / ENSAD

logo Maison louis Jouvet

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

logo JTNhautedef

 

 

 

 

 

 

[TICKETS]2014-03-26 20:00:00 15678+2014-03-27 20:00:00 15679