Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

#61 L'HEURE GRISE OU LE DERNIER CLIENT

AGOTA KRISTOF
En français

[FR] Une chambre misérable, comme dans un film noir.Deux personnes s'y trouvent, à l'aube du dernier matin qu'elles verront naître ensemble. Elle: une prostituée, selon toute apparence. Lui: un petit voleur, probablement. Au début, il y a trente ans, leur relation était claire: il ne s'agissait que de sexe. A présent, il n'est plus question que de rêves, d'illusions, et de regrets. Ils vont rejouer le jeu qu'ils ont joué tant de fois. Un jeu d'amour et de haine, tantôt tendre, tantôt cruel, où le langage, si concis et si mordant qu'il soit, ne servira en rien à mettre les choses au point. Les réalités de leur vie sont laissées dans le vague, les limites entre la vie et le jeu s'effacent. Les mots ne sont que masque et façade. Comme d'habitude. Pourtant, ce matin-là, le jeu tourne mal…

Dans cette pièce sombre et inquiétante, écrite en 1975 et remaniée en 1984, Agota Kristof fait déjà preuve de tout ce qui, en 1986, imposera son œuvre majeure, Le Grand Cahier: une vision du monde lucide et impitoyable, dominée par la violence, marquée par la solitude, la vanité, parfois un humour plus que noir, et par de rares moments de tendresse ou la nostalgie de l'enfance.

Réfugiée hongroise, Agota Kristof échoue, en 1956, à Neuchâtel, en Suisse. Obligée de travailler, vingt ans durant, à l'usine, elle met du temps à maîtriser la langue française, qu'elle appellera d'ailleurs toujours «la langue ennemie». C'est pourtant de cette lutte que naîtra son style, limpide, laconique, sans la moindre trace de lyrisme, ce qui amènera les critiques à l'installer aux côtés des Kafka, Beckett ou Bernhard. Ce langage d'une objectivité quasi scientifique, qui se limite strictement à l'essentiel, qui n'est jamais bavard et se caractérise par la place qu'il réserve au non-dit, s'avère être, pour chaque comédien, un défi - et une fête.

» Dans ce travail soigneusement conçu et fignolé, parsemé de tableaux frappants, le spectateur est comme aspiré par le jeu intense des deux magnifiques comédiens Marja-Leena Junker et Constantin Cojocaru, souligné par un éclairage sobre et ponctué d’un discret décor sonore.  Le Jeudi

» Marja-Leena Junker et Constantin Cojocaru jouent [avec] une exacte et intense présence qui, dans chaque geste esquissé, chaque mot prononcé, chaque immobilité, chaque silence, donne à vivre – à partager – l’universelle détresse existentielle. Luxemburger Wort

» En symbiose avec les deux acteurs de talent [...] Jean Flammang tisse une toile dramatique, alternant silences lourds et éclats de voix violents, mettant en scène la cigarette et l’alcool plus que de raison dans notre société si aseptisée, balançant entre les dialogues de sourds et les non-dits pour tenir le spectateur en haleine pendant plus d’une heure en le plongeant dans cette heure grise juste avant l’aube quand le manque d’amour et le désespoir font particulièrement mal. Tageblatt

[DIS]

Avec
Marja-Leena Junker
Constantin Cojocaru
Antonio Quarta

Mise en scène, décor, costumes & lumières Jean Flammang
Collaboration à la scénographie Inga Soll
Décor sonore Patrick Floener
Maquillage Joël Seiller

Production Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Théâtre du Centaure
Avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Ville de Luxembourg, de l'Orchestre de Chambre du Luxembourg et du Fonds Culturel National ainsi que de la FH Dortmund University of Applied Sciences and Arts

Création en mars 2014 au Luxembourg

 

Mardi 25 MARS 2014 à 20h00 (tickets)
Lundi 31 MARS 2014 à 20h00 (tickets)
Mardi 1er AVRIL 2014 à 20h00 (tickets)

DURÉE 1h15 (pas d'entracte)

Adultes 20€, 15€, 8€ / Jeunes 8€

Lieu: Théâtre des Capucins

[TICKETS]2014-03-25 20:00:00 15675+2014-03-31 20:00:00 15676+2014-04-01 20:00:00 15677