[FR] Après Yvonne, Princesse de Bourgogne de W. Gombrowicz, créé en 2009 au Studio du Grand Théâtre, la Compagnie du Grand Boube continue à explorer les frontières de l'identité. Dans Yvonne, la question était la survie d'un individu marginal malgré lui dans une société conformiste. Ici c'est la famille, microcosme social et creuset de l'identité, qui éduque son enfant dans la peur d'un monde menaçant et finit carrément par le former à la marginalité.
Weird Scenes Inside the Gold Mine est une ligne extraite de la chanson The End du groupe mythique The Doors. Rocker, souvent présenté comme un mystique, poète à ses heures, Jim Morrison évoque l'étrange de l'identité et le désir de désincarnation.
L'incarnation dans toute sa complexité, le donner-corps et le priver-de-corps (ou de parties de corps) sont aussi au cœur des textes d'Henri Michaux et d'Antonin Artaud.
Le corps et son autre dans le langage sont un point d'ancrage et de départ pour ce spectacle musical et théâtral, à la fois grotesque et inquiétant.
Everytime I hear that song [The End], it means something else to me. It started out as a simple good-bye song probably just to a girl, but I see how it could be a goodbye to a kind of childhood. Jim Morrison, 1969.
C'est l'histoire d'un père, d'une mère et d'un fils qui vivent ensemble depuis trop longtemps.
La mère tricote à longueur de journée, obsessionnellement.
Le fils s'enfuit dans des monologues délirants où il déclame les paroles d'Antonin Artaud, l'idole libératoire, croit-il, l'échappatoire.
Et le père, un compositeur sans succès dans le monde de l'opérette, voue un culte secret et nostalgique à la musique de sa jeunesse: les Doors.
Parfois il se livre à des expériences sonores inspirées par le rapport fusionnel du fils avec sa mère. La musique attire les insectes du grenier, notamment une mite anthropomorphe qui va s'introduire doucement dans cette famille retenue ensemble par des tricots de laine…
CONCEPTION ET RÉALISATION ARTISTIQUE Carole Lorang, Mani MullerCOMPOSITION MUSICALE Fränz Leander KleeSCÉNOGRAPHIE Peggy Wurth, Mani Muller & Amandine Fonfrède
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Samedi 12 MARS 2011 à 19h00* (tickets)
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