[FR] Béatrice et Bénédict ! Ils ne cessent de proclamer qu'ils se détestent. Et pourtant... Ces affirmations véhémentes ne seraient-elles pas comme le « négatif » d'une attirance réelle et réciproque ?
C'est ce que pensent Héro et Claudio, deux jeunes gens qui leur sont proches, et qui se réjouissent, eux, de leur bonheur sans nuages et du mariage qu'ils vont bientôt conclure. Habilement, ils vont amener les deux « ennemis » à se débarrasser de leur lourde cuirasse anti-sentimentale et à reconnaître leur amour, momentanément du moins : « Oui, pour aujourd'hui, la trêve est signée ; nous redeviendrons ennemis demain... »
C'est le Much Ado About Nothing - Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare qui a servi de source d'inspiration à Hector Berlioz (1803-1869). Concentrant l'intrigue sur le « marivaudage » de Béatrice et Bénédict, il en a fait sa dernière oeuvre lyrique, un opéra comique, créé en 1862.
Sensible au caractère drolatique de ces « déclarations de haine », aux sentiments qu'elles ne parviendront pas à étouffer, Berlioz a composé une partition qui fait se succéder épisodes joyeux et burlesques et moments d'intensité, de gravité émotionnelle. Il met en voix un « maître de musique » aussi calamiteux qu'ivrogne, il harmonise espièglement une controverse quant aux délices ou aux supplices engendrés par le mariage, il fait entendre le chant ému ou douloureux de coeurs à la recherche d'eux-mêmes. Les duos notamment sont d'exquise délicatesse.
Dan Jemmett, le metteur en scène, a reconnu dans cette agitation amoureuse épique, dans ces rodomontades sentimentales, dans ces complots ignorés des protagonistes principaux mais qui réjouissent le spectateur complice, l'univers du théâtre de marionnettes. Et c'est ainsi qu'il a conçu sa scénographie, les maquillages et les déguisements des personnages, leurs attitudes et leur façon de se mouvoir.
Et quelle belle musique chantent ces pantins-là !
» ... un plateau vocal convaincant et engagé, une distribution jeune et jolie [...].Elégant, vocalement ductile et scéniquement parfait comme à l'accoutumée, le choeur Les Éléments de Joël Suhubiette apporte, en costumes d' époque, l'indispensable touche Baden-Baden 1862.
Marie-Aude Roux, Le Monde
» Béatrice et Bénédict est une invitation à la joie, au rire. Ne se prenant jamais au sérieux, l' énergique folie dans laquelle elle se sculpte ne cesse de ravir les plus sombres grincheux. Drôle et tendre, l'amour de ces deux êtres qui s'exècrent s' élève sur une musique tout en contrastes. Dirigée par le passionné Emmanuel Krivine, la partition exécutée sur des instruments d' époque brille, riche et feutrée à la fois. Le spectacle est à ne pas manquer. Réfractaires à l'humour anglais, s'abstenir.
Amalia Casado, Evene.fr
DIRECTION MUSICALE Emmanuel Krivine
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Mardi 1er FÉVRIER 2011 à 20h00 (tickets)
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[DE] Béatrice und Bénédict hassen sich so leidenschaftlich, dass nur ein Blinder übersehen kann wie sehr sich die beiden ans Herz gewachsen sind. Auch Héro und Claudio bleibt das nicht verborgen. Glücklich miteinander verlobt versuchen sie alles, um auch aus Béatrice und Bénédict ein friedliches Paar zu machen...
Hector Berlioz hat für sein letztes lyrisches Werk ein Stück von William Shakespeare als Vorlage gewählt: Much Ado About Nothing / Viel Lärm um Nichts.
Mit viel Feingefühl setzt er die hintergründige Mischung von Liebe und Ablehnung, Zuneigung und Hass in Töne. Die Suche der Herzen nach einander und nach sich selbst hat den Komponisten bekanntlich ein Leben lang beschäftigt.
Den Regisseur Dan Jemmett hat die Oper zu einer höchst eigenwilligen Inszenierung inspiriert, zu einem Experiment mit atemberaubendem Ergebnis.
[EN] Based loosely on William Shakespeare's Much Ado About Nothing, Hector Berlioz's twoact comic opera is rarely performed nowadays. Composed between 1860 and 1862, was Berlioz's last major work, but includes an overture that is one of Berlioz's most delicate and subtle orchestral pieces. The opera itself reflects Berlioz's fascination with Shakespeare, and captures much of the caustic wit and lyrical romance employed by the Bard in his comedy about the battle of the sexes.
Director Dan Jemmett was at the Grand Théâtre in 2006 with The Tiger Lillies for a magical production of Hans-Christian Andersen's The Little Match Girl.
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